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(Re)découvrez la visio-conférence en ligne : Le bien-être animal : est-ce seulement une question de réglementation ?

A l’occasion de la semaine du SPACE 2020, RV-Biotech a eu l’occasion d’animer et de présenter une visio-conférence avec la participation de Jyga Technologies, spécialiste canadien de systèmes d’alimentation pour les porcs.

Retrouvez dès à présent la visio-conférence « Le bien-être animal : est-ce seulement une question de réglementation ? ». 

I – Sommaire & introduction

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Poussés par les évolutions de la réglementation et les attentes des consommateurs, le modèle de l’élevage porcin tel que nous le connaissons est en pleine mutation. En effet, le bien-être animal est désormais au cœur des préoccupations de la filière. La question est de savoir si ces changements sont une contrainte supplémentaire dans le quotidien où peuvent-ils être vus comme une opportunité du mieux produire, gagner en performance et contribuer à améliorer l’image de l’élevage conventionnel ?

Passionné de l’élevage du cochon depuis plus de 35 ans, Yannick Hervé vous propose d’aborder le bien-être animal sous un autre angle, celui de la performance, qui va s’appuyer sur les besoins naturels du cochon.

Dans un premier temps, nous aborderons cette approche du bien-être puis, deux exemples seront examinés -le sevrage et la chaleur-, puis, la parole sera donnée à Martin Noël, spécialiste canadien de la nutrition des porcs, qui traitera l’impact de l’alimentation sur le bien-être du cochon, avant de terminer par les questions des internautes.

II – Partie I

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L’observation du cochon quand il évolue dans son milieu naturel originel est très riche d’enseignement et apporte beaucoup à la réflexion sur le bien-être à lui apporter quand il vit en élevage conventionnel.

Premièrement ; Le cochon est une proie : Il se comporte comme tel lorsqu’il est agressé par son environnement qui peut-être, pour lui, source de stress. 

De plus ; C’est un animal social très proche de l’Homme : Lorsque son environnement lui permet, il se comporte de la même manière qu’un humain sur le plan social. Comme nous, l’espace où il vit doit lui permettre d’accéder à ses besoins essentiels. Il est important de souligner la dynamique de jeu puisque hormis les reproducteurs, les cochons sont ce que nous appelons des adolescents !

D’autre part ; Le cochon ne transpire pas, il est alors important de le garder dans sa zone de confort thermique.

Par ailleurs ; Son besoin permanent de chercher sa nourriture grâce à son groin alors qu’aujourd’hui nous la lui « offrons ».

Il est important de garder en tête ces réflexions préliminaires tout au long de la réflexion « bâtiment » car le défi sera de concevoir un environnement qui permettra aux cochons d’évoluer sans stress.

Ainsi, ce mal-être se traduit par des sous-performances qui ne permettent pas aux cochons d’exprimer pleinement leur potentiel de croissance, de production laitière, de reproduction, etc…

III – Partie II

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Le sevrage est probablement pour le cochon l’évènement le plus stressant de sa vie. En effet, en l’espace de quelques minutes il passe d’une vie tranquille et sécurisée avec sa mère, ses frères et sœurs où sa nourriture se compose essentiellement de lait vers un nouvel espace où, âgé de moins de 4 semaines, il va devoir tout apprendre dans un environnement qui lui semble hostile. Il doit rapidement identifier ou répondre à ses besoins, notamment jouer, car il est loin d’être un adulte ! 

Les indices à lui donner sont une différence de température entre les différents espaces -qui répondront à un environnement sans stress-, mais également de la ventilation, qui permet d’oxygéner chaque être vivant.

Un autre point qui devient préoccupant depuis quelques années est celui qui concerne le stress de chaleur qui est de plus en plus fréquent et entraine de la non-performance assez impressionnante : diminution de l’ingestion, réduction de la croissance, baisse de la fertilité, diminution de la production laitière et dans les cas les plus sévères débouche sur des mortalités. Des études montrent qu’une augmentation de la température ambiante de 1° pendant l’été peut conduire à une réduction des performances de l’ordre de 4 à 5 %.

Comme pour les porcelets sevrés, il faut agir sur le bâtiment et dimensionner la ventilation en conséquence. A ce titre, les Pays du Nord de l’Europe ont une autre approche de la gestion des flux d’air que celle pratiquée en France avec notamment des besoins nominaux et des surfaces d’entrées de l’air depuis l’extérieur dans les salles bien plus importantes que les normes recommandées en France. Pour cela, ils s’appuient sur la quantité de chaleur produite par les animaux qui a considérablement augmenté depuis ces 20 dernières années en lien avec le progrès génétique et qui rend les cochons encore plus sensibles au stress de chaleur. Aujourd’hui, il est admis qu’il faut 300 m³ de renouvellement d’air par 1000 Watts de chaleur produite pour évacuer toute cette chaleur et rafraichir les cochons.

On pourrait ici aussi parler de l’importance de l’emplacement du nid par rapport à la truie, de la nécessiter d’une truie évoluant en liberté, de la différence de température de confort entre les porcelets et les truies, etc… qui sont autant d’éléments participant à une gestion sans stress synonyme de bien-être… 

Cette démarche pourra être la même à chaque stade de vie du cochon afin d’apporter les bonnes réponses dans l’approche conception et organisation du milieu de vie qui leur sera proposé.

IV – Partie III : Intervention de Martin Noël

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Martin Noël est directeur technique chez Jyga Technologies, une société Canadienne spécialiste de systèmes de distribution des aliments à sec pour les cochons, pensée par des éleveurs pour des éleveurs.

Notre intervenant indique qu’il est inutile d’essayer de contourner les caractéristiques comportementales et morphologiques du cochon, la nature gagnera toujours. Il est donc nécessaire de développer des équipements respectant ces caractéristiques.

Comme vu précédemment, il est nécessaire pour le cochon d’utiliser son groin afin de chercher sa nourriture. Jyga Technologies propose ainsi deux équipements qui permettront à la truie d’atteindre sa satiété de façon instinctive.

Jyga Technologie associe l’appétit et le bien-être du cochon, en se référant à la maxime bien connue : « Quand l’appétit va, tout va ! ».

3 points font le lien entre l’alimentation automatisée et son bien-être :

- La traduction du bien-être animal par son appétit ; Des lumières de couleur (rouge, orange ou verte) en fonction de l’appétit de l’animal, qui traduit son bien-être ou un appel à l’aide. 

- La stimulation alimentaire planifiée de la truie en mise bas ; Les cochons sont des animaux qui performent très bien avec la routine et les horaires. En utilisant des stimulants, sonores et/ou visuels afin d’aider à l’habituation de l’animal, il sera aisé de voir si un animal ne suit pas le groupe/les habitudes, et se trouve donc en état de mal-être.

- L’aménagement en liberté, qui se doit confortable et bien réfléchi, notamment pour les animaux timides et dominés.

Il faut également se souvenir de l’importance de la hiérarchisation naturelle et incontournable d’un groupe de porcs. Ainsi, les truies gestantes semblent particulièrement sensibles sur ce point. C’est inévitable, mais atténuable avec un aménagement adéquat.

V - Réponses aux questions et conclusion

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Pour cette dernière partie, de nombreuses questions ont été posées, telles que :

Sur quels travaux RV-Biotech se base pour décrire les effets de la délimitation des zones de vie ?

Comment fonctionne ce système de voyants rouges, jaunes et verts ? Cela fonctionne-t-il grâce à une puce ?

Pour permettre l’acclimatation des truies, serait-il intéressant de faire rentrer d’abord les cochettes/truies timides dans la case pendant quelques heures puis ensuite de faire rentrer les multipares ?

On parle beaucoup des espaces maternité-liberté, quel est leur impact sur le bien-être vs. les autres surfaces actuellement sur le marché ?

Quelles sont les perspectives en termes de bien-être animal en France quand on voit l’évolution des règlementations en Allemagne, notamment sur les conditions d’hébergement des truies ?

Vous retrouverez les réponses de Yannick Hervé et Martin Noël dans la vidéo.

EN CONCLUSION :

L’approche du bien-être animal basée sur l’observation du porc dans son milieu naturel nous permet de qualifier avec plus d’exactitudes le « mal-être » des animaux en intégrant les aspects de souffrance manifeste, de santé et de performances.

Le bien-être animal est l’affaire d’un manager attentif, mais aussi d’un très bon animalier, prenant soin des Hommes et des animaux en tenant compte du milieu dans lequel ils évoluent.

La finalité, qui est de produire pour nourrir les Hommes tout en tirant un revenu de cette activité, ne peut éclipser la nécessité que l’agriculture doit prendre en compte le bien-être des animaux dans leur environnement. L’équation est certes compliquée, puisqu’il faut être proactif, se projeter dans le futur, s’ouvrir sur le monde extérieur, rester curieux et de ne pas s’enfermer dans le microcosme de l’élevage porcin. 

Il ne faut pas attendre que les textes « tombent » et alors subir les règlements comme autant de contraintes.

Ainsi, le bien-être animal n’est pas seulement une question de règlementations, il fait partie de la bonne gestion globale de l’élevage. Là où les règlementations et le bien-être animal sont vus comme des contraintes, il faut au contraire y voir une opportunité de travailler différemment et d’améliorer les performances des animaux et souvent, le confort des Hommes également !

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